"C’est une Vraie Reconnaissance"

 

Et pour cause. Obtenir le titre honorifique de « Maître-Fromager » à seulement 31 ans, ce n’est pas banal. Lui, le fils de Philippe, héritier d’une famille de fromagers de quatre générations. Ses pairs ont su reconnaître son professionnalisme, dans un métier qui ne nécessite pas d’études.

Pour obtenir ce titre, il n’y a pas de critères fixés. L’ancienneté est primée, tout comme la connaissance des produits, ou encore le savoir-faire en matière d’affinage. Et pourtant, cette récompense, il ne l’a pas particulièrement cherchée. Dans le milieu, c’est le bouche à oreille de ses pairs qui a opéré. « C’est une récompense sur le long terme » confie Romain Olivier. A la tête de l’entreprise familiale depuis quatre ans maintenant, il a su se faire sa propre place dans le milieu. En toute modestie, il reconnaît que « lorsque l’on fait les choses bien, avec une certaine philosophie de vie, cela vient tout seul ».

Une volonté de bien conseiller

Ce qu’il retient surtout de cette distinction, c’est la reconnaissance du partage. Pour Romain olivier, le métier de fromager est un puits sans fond ou il y a toujours plus à connaître. « Je commence à avoir une certaine expérience en matière de fromages français, mais je sais qu’il me reste énormément de choses à apprendre sur les fromages américains par exemple. » Il a la volonté de partager son savoir-faire.  Et pas uniquement avec ses clients, pour qui le titre de « Maitre-Fromager » est un gage de qualité. Il prend plaisir à « mettre en musique » les producteurs de lait, de fromage, les affineurs, et donc les clients, aussi bien français qu’étrangers.

Romain Olivier n’est pas seulement maître fromager, c’est aussi un chef d’orchestre !

Partager son savoir-faire, cela passe par conseiller les clients sur de nouveaux produits : « Par exemple, à l’approche de la Saint-Patrick, on va proposer un cheddar fait avec un peu de Guinness. »

Et ça marche. Le fromage proposé à la même période depuis trois ans commence à avoir ses adeptes. Depuis le début, Romain Olivier s’est inscrit dans une logique de développement durable, en essayant d’aider du mieux possible les petits producteurs à qui il fait appel pour ses produits, pour qu’ils « puissent vivre de leur travail en étant payés justement ». Au-delà du commerce de proximité, il se revendique comme un commerce « de sensibilité ».

 

La Voix du Nord du 12 mars 2014