Un Métier... des Noms...

Les métiers  liés au  lait et à  leurs dérivés ont évolué en un peu plus de deux siècles.

Les noms ont changé... notre métier aussi, bien évidemment.

Citons :

Tout d'abord "la fermière" qui a eu la possibilité de vendre son lait directement.

Implantés aux abords des villes, avec  leurs vaches,  chèvres etc...  "les laitiers-nourrisseurs" approvisionnaient par le biais de leurs porteurs "les laitières". Grâce à une voiture à bras, ces dernières  vendaient  le  lait  souvent  sous  les  porches  des maisons...   pour  le  quartier .   Elles  sont  restées  longtemps  le  seul  et unique maillon de la chaine du lait.

La laiterie proposait les produits issus du lait.  Le terme apparait dès 1762 ;  on y fabriquait également des fromages à la crème. 

A partir du milieu du 19ème siècle "la crèmerie" était très souvent tenue par les femmes :  "les crémières".  Dans son évolution, la crémerie (avant et après guerre) adjoint la vente de... conserves, pâtes, cafés, charcuterie dans certaines régions.  Les anciens affirmaient parfois que  leur chiffre d'affaire  se répartissait ainsi :  1/3 fromages, 1/3 produits frais, 1/3 épicerie.  On les surnommait les B O F (Beurre Oeuf Fromage).

Dans les années 60, avec l'arrivée des magasins-distributeurs en  libre  service, notre métier  s'est  spécialisé  vers  le métier de "fromager" d'abord en province, puis dans la capitale.  Le terme de fromager utilisé par le producteur de fromages devient petit à  petit  celui  des  détaillants  (voir  dictionnaire  Larousse  de l'époque).

Enfin le terme de "fromager-affineur" développé ces 20 dernières années correspond à un réel travail de collecte donc de recherche, puis d'affinage dans les petites caves aménagées sous les boutiques.  Le professionnel applique les méthodes transmises souvent verbalement de lavage, brossage, retournement etc... de ses patrons d'apprentissage.  Le  travail de conseil  s'amplifie...   il devient le bon commerçant en fromage tout simplement !